Voyage à long terme et la méditation

voyage-meditation 2 En rencontrant les différentes personnes qui voyagent, nous nous apercevons qu’il y a deux catégories de voyageurs : ceux qui sont à la recherche de soi et ceux qui sont dans la fuite de soi.

Un long voyage peut être un moyen pour :

• apprendre de nouvelles techniques de bien être
• prendre du temps pour visiter différents endroits
• prouver son indépendance
• fuir les relations profondes
• se retrouver

Nous avons rencontré « les égos-voyageurs », ceux qui  font un cheminement de l’égo : je suis original, différent, je ne m’attache pas, je choisis les mêmes personnes soit celles qui montrent qu’elles sont indépendantes. Je partage des informations superficielles et ne donne pas mes astuces pratiques à tout le monde. Je fais toutes sortes d’activités pseudo-spirituelles ou pseudo-développement personnel (yoga, massage, méditation, etc.), pour enrichir mon CV. Alors, tout est prétexte pour se distinguer : inventer une nouvelle technique et/ou gagner de l’argent et/ou se faire connaître et reconnaître et/ou séduire, etc.

Puis aussi des « médito-voyageurs », ceux qui sont dans une démarche méditative pendant leur voyage. Ils ont, en général, une attitude posée et une ouverture aux autres sans jeux de séduction ou de jugements … L’authenticité et la modestie les distinguent.
Il y a en eux une réelle envie de prise de conscience et de responsabilité. Ils travaillent beaucoup dans l’observation de leurs sensations et sont de moins en moins dans les réactions et le maintien des fonctionnements de l’égo.

L’apprentissage de la méditation ou plutôt de la contemplation de soi (selon Sri Aurobindo), qu’il se passe chez soi ou en voyage, est un élément de base pour une vision tout autre que celle présentée par notre mental et notre société.
Malgré la volonté et le travail sérieux de ceux qui souhaitent évoluer, à l’aide de la méditation, l’apparition et/ou le retour de nombreuses réactions de l’égo font partie du cheminement. Ceci nous aide à comprendre que chaque personne rencontrée est le reflet de nous mêmes à un moment donné. Elle nous lie ou à nos peurs ou à nos envies.
L’exemple de l’enfant qui apprend à marcher, tombe, se relève et continue, confirme bien l’effort nécessaire pour tout changement souhaité.

Le voyage représentant la perte de nos repères permet également la libération d’un plus grand espace, à l’intérieur de soi, donc une meilleure disponibilité à la pratique de la méditation. Puis, en se déplaçant souvent, la vie sociale permet beaucoup moins, «le camouflage» des fuites à soi. Soit, en voyages, on se retrouve beaucoup plus souvent seul et/ou seul avec le monde alors que chez soi, pour éviter la solitude, souvent nous rencontrons des personnes et refaisons le monde sans forcément se remettre en question ni par rapport au monde qui nous entoure ni nous-mêmes… Tout ceci confirme les dires des sages qu’il faut toujours perdre ou laisser de côté quelque chose pour que quelque chose de nouveau puisse s’installer, soit : vider avant de remplir.

Aussi, à notre avis, l’utilité de voyager longtemps, reste bénéfique tant que les attachements subsistent en nous et que nous en sommes conscients et avons envie de changer. Ainsi, le déplacement physique permet de s’en rendre compte plus facilement. De plus, voyager nous démontre aussi que notre entourage peut aider mais en aucun cas être ni la source de nos problèmes ni la solution. Ainsi, notre propre responsabilité paraît plus évidente et un travail sur soi devient une priorité.

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Puis, la méditation et les voyages peuvent ainsi nous aider à réaliser concrètement que l’amour réel est celui qui est valable pour tout et partout, il ne compartimente pas et ne juge pas, il englobe tout et partout… Tout est interdépendant disent les bouddhistes … et l’expérience le démontre dès que la conscience se met en éveil par la méditation. Même si le chemin nous parait long, en méditant, le voyage nous y amène petit à petit…